samedi, novembre 29, 2025
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    EVA DE VITRAY-MEYEROVITCH, l’une des grandes passeuses spirituelles du XXᵉ siècle.

    EVA DE VITRAY-MEYEROVITCH — LA FEMME QUI A OUVERT L’OCCIDENT À RÛMÎ.

    Une passeuse entre deux mondes.

    Philosophe, islamologue, traductrice du persan, Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-1999) fait partie de ces figures discrètes mais lumineuses qui ont profondément transformé notre rapport à la spiritualité.
    En Occident, beaucoup ont découvert Djalâl ad-Dîn Rûmî, géant de la poésie mystique, grâce à elle.
    En Orient, elle est reconnue comme une sœur spirituelle, une femme de vérité et d’engagement.

    Née dans une famille catholique française, diplômée en philosophie et docteure en islamologie, Eva de Vitray n’a cessé d’explorer les chemins du sens, suivant avec courage – et parfois contre son milieu d’origine – l’appel qui la conduira vers l’islam soufi.


    Un destin singulier : de la Résistance à la quête spirituelle.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, elle participe à la Résistance et travaille ensuite à l’UNESCO, où elle découvre les cultures du monde. C’est là qu’elle rencontre, presque par hasard, l’œuvre de Rûmî.
    Ce fut un choc.

    Elle raconte qu’en lisant les premiers vers du Mathnawî, elle a eu le sentiment d’être « reconnue », comme si un voile tombait.
    Ce choc devint une conversion intérieure, puis une conversion religieuse : elle embrasse l’islam, attirée par la sagesse, l’universalité et l’amour du soufisme.


    La traductrice qui a offert Rûmî au monde francophone.

    Grâce à sa maîtrise du persan et à son intuition profonde des textes, Eva de Vitray-Meyerovitch entreprend un travail considérable : traduire Rûmî, et le rendre audible aux lecteurs francophones.

    Sa traduction du Mathnawî et de nombreux poèmes mystiques reste aujourd’hui une référence incontestable.

    Elle expliquait souvent :

    « Rûmî n’est pas un poète, c’est une ouverture.
    Il nous emmène à cet endroit où l’homme cesse d’être séparé. »

    Pour elle, la poésie de Rûmî n’était pas une littérature mais une expérience vivante, un chemin de transformation intérieure.


    Une femme musulmane française respectée dans tout le monde islamique.

    Eva de Vitray-Meyerovitch fut l’une des rares Occidentales à être reconnue au sein de l’ordre mevlevi, héritier de Rûmî.
    Elle se rendit de nombreuses fois à Konya, y reçut honneurs, respect et affection.

    Elle aimait rappeler que :

    « Le cœur du soufisme n’est pas dans les dogmes mais dans la transformation intérieure. »

    Son œuvre, encore étudiée aujourd’hui dans les universités du monde, a permis de bâtir un pont entre l’Occident rationnel et l’Orient mystique.


    Son message pour notre époque.

    À travers son travail, Eva de Vitray-Meyerovitch délivre un message précieux :

    • La spiritualité est universelle.
    • Les traditions sont des chemins, non des prisons.
    • L’essentiel est l’expérience intérieure de l’amour divin.

    Dans un monde fragmenté, elle nous rappelle l’importance d’écouter les poètes, les mystiques, les sages — ces voix qui nous réapprennent à être humains.

    Aujourd’hui, alors que la figure de Rûmî connaît une renaissance mondiale, l’apport d’Eva de Vitray-Meyerovitch reste central.
    Sans elle, sans son audace, sans sa sensibilité, beaucoup n’auraient jamais rencontré le souffle de ce maître spirituel.


    Une femme-pont, une femme-flamme.

    Eva de Vitray-Meyerovitch n’a jamais cherché la lumière médiatique.
    Pourtant, elle fut une lumière :
    celle qui éclaire le passage entre deux rives,
    celle qui traduit les âmes autant que les mots,
    celle qui nous rappelle que la quête de sens est universelle et éternelle.

    Son œuvre continue d’inspirer, notamment toutes celles et ceux qui cherchent à unir profondeur spirituelle, ouverture d’esprit et appel du cœur.

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